Interview avec Alain Rillof le nouveau Directeur Général du Mövenpick Hotel & Casino Malabata « J’ai le sentiment de fierté et de bonheur de pouvoir porter le flambeau avec cette équipe qui est sur place depuis longtemps »

Alain Rillof

Fraîchement installé dans sa nouvelle fonction comme DG de l’hôtel Mövenpick de Tanger, Alain Rillof dévoile dans cette première interview ses idées sur l’établissement, la ville qui l’accueille et les défis du développement touristique dans la capitale du Détroit. Des points de vue super intéressants !

Q : M. Alain Rillof, en vous demandant de vous présenter sur le plan professionnel, quelles sont les principales étapes qui marquent votre parcours?

La première étape a été l’étape de la contamination. La contamination c’est quoi? C’est d’avoir autour de vous des personnes qui arrivent en démontrant ce qu’il faut faire, il y a des personnes qui vont donner des ordres, d’autres qui vont donner des objectifs, il y a des personnes qui vont vous contaminer par leur passion pour ce qu’ils font. Donc durant la première étape, j’ai eu un parcours universitaire scientifique et je n’étais pas du tout prédit à l’hôtellerie. J’ai rencontré une personne qui a réussi à me contaminer avec ce virus de l’hospitalité, après il y a eu l’étape de l’épreuve, parce qu’une fois qu’on pense qu’on va pouvoir faire ce qu’on a vu, après il y a l’épreuve qui fait que vous allez très souvent tomber et devoir vous relever. Évidement, il y a l’étape de l’expérience; tout ce que vous faites et toutes ces épreuves que vous avez passées vous rendront plus fort et vous rassureront que vous êtes sur le bon chemin. C’est comme à l’école, très souvent je fais cette parenthèse et cette parallèle entre l’école et nous-mêmes et ce qu’on fait au niveau de l’hôtellerie. On arrivera dans une situation durant laquelle les gens vont arrêter de vous dire « c’est bien, c’est bien »…. et là vous devez vous convaincre tout seul, vous motiver. On a besoin d’une auto motivation pour continuer!

Q : Cela représente quoi pour vous d’être nommé DG du Mövenpick hôtel de Tanger?

C’est une fierté et un honneur d’avoir eu l’opportunité de prendre la direction de cette équipe et je l’ai bien évidemment répété au groupe et au vice-président qui m’a convaincu de rentrer du Kenya pour revenir au Maroc. Je suis là, la société propriétaire, qui est très impliquée dans cet hôtel, m’a également donné ce sentiment de fierté et de bonheur de pouvoir porter le flambeau avec cette équipe qui est sur place depuis longtemps. Je dois l’avouer, cela aurait été plus compliqué de devoir commencer avec une nouvelle équipe. L’équipe du Mövenpick est placée depuis 11 à 12 ans, ce sont des gens qui connaissent la musique, qui se sont très souvent abaissés pour laisser passer la vague et après la tempête on se relève. Il y a eu plusieurs étapes, ce qui fait la richesse de cet hôtel. L’équipe du Mövenpick, je la compare avec des joueurs de football, et je suis convaincu que j’ai de bons joueurs pour jouer le match. Donc aujourd’hui, après 10 jours de fonction, nous nous sommes alignés dans la même onde de fréquence. vécu avec l’ensemble des chefs de service pour que je puisse comprendre qu’est ce qui s’est passé, ce qui se passe, ce que nous aimerions qui se passera dans cet hôtel dans le futur, comment est ce qu’on peut participer dans ce process et qu’est ce qu’on peut faire pour atteindre les objectifs qui sont fixés d’abord par le groupe Mövenpick Resorts. L’hôtel possède aujourd’hui trois unités au Maroc, le Mövenpick Casablanca, le Mansour Eddahbi qui est un très bel hôtel ouvert début décembre, et bien évidement le Mövenpick Tanger. Sans oublier la nouvelle extension prévue en 2017 à Fès et Rabat. Cela veut dire, éventuellement, que dans un court terme, le groupe va avoir 5 hôtels dans son portefeuille, ce qui est quand-même considérable.

Q : Au début de votre mandat, l’hôtel verra ses chambres réaménagées…Est ce que ce projet est définitivement bouclé? De quoi s’agit-il exactement?

On connaît tous aujourd’hui les avantages et les inconvénients de ce très beau produit à Tanger. Si on met sur sa table une bouteille d’eau qui est à moitié il y a deux façons de voir cette bouteille, il y a des gens qui vont dire qu’elle est à moitié vide et d’autres diront qu’elle est à moitié pleine, la bouteille pour moi est définitivement à moitié pleine. Cet hôtel a définitivement (et ça c’est incontestable) une des meilleurs positions sur la baie de Tanger, aucun hôtel aujourd’hui ne peut prétendre avoir l’exposition ou la vue que nous avons. C’est un avantage duquel tous les clients profitent, et cette position fait partie des avantages garantis du Mövenpick. Après, comme vous l’avez mentionné, il y a des aménagements, des changements et des rénovations à faire au niveau de l’hébergement. Bien avant mon arrivée, il y a eu déjà plusieurs échantillons réalisés et on est dans l’étape de concrétisation dont plusieurs personnes interviennent pour la validation de l’échantillon définitif. Mais aujourd’hui la seule chose que je peux vous confirmer c’est que toutes les parties concernées sont d’accord pour mettre en exergue les rénovations nécessaires. Il ne s’agit pas de rénover la piscine ou d’ajouter un étage, il s’agit dans un premier temps de rafraîchir les chambres qui ont longuement vécu et bien vécu. La seule chose c’est qu’on ne peut pas dire on commence lundi ou mercredi, il y a plusieurs personnes qui interviennent dans ce processus et sont toutes d’accord que la prochaine chose à faire dans cet établissement c’est intervenir au niveau de l’hébergement.

Q : Quelle idée avez-vous, M. Alain Rillof, du secteur touristique à Tanger?

Je vais peut-être affirmer ou confirmer avec vous ce que vous connaissez déjà. Un hôtel ne peut pas survivre s’il ne peut pas avoir l’accès à l’ensemble des niches qui sont disponibles. En général, si vous êtes en plein centre-ville, un hôtel d’affaires et 80% de ses clients sont des hommes d’affaires qui viennent du lundi au vendredi et cela fait un business, par contre, si vous êtes dans une destination comme Tanger il n’y a pas que le segment affaires, il n’y a pas que le secteur banquet et conférence, il n’y a pas que le secteur loisirs, vous devez pouvoir avoir accès à tous ces secteurs. Aujourd’hui je pense (et là je vais me ranger derrière la plus grande partie des hôteliers de Tanger pour ne pas dire derrière tout le monde), que le manque de certaines liaisons aériennes est un très grand handicap. Donc, j’ai beau dire qu’il est dans mes attentions d’abord de fidéliser Tanger pour augmenter la fréquentation au niveau de notre hôtel, ce qui se passe au niveau de la ville, au niveau de nous-mêmes, au niveau local, de quoi les Tangérois ont besoin, de quoi ont besoin les Marocains qui habitent d’autres villes quand qu’il veulent passer un week-end à Tanger ? Une réflexion s’impose sur ces questions avant d’aller voir si on peut ramener des Japonais ou des avions pleins de touristes.

La grande requête des hôteliers est déjà loin et au dessus de mon niveau, imaginez-vous que l’aéroport de Tanger puisse fonctionner comme celui de Casablanca, Marrakech et Agadir…

Nous avons un souci; il est vraiment compliqué d’arriver à Tanger, il y a des gens qui ont le courage d’y venir mais ils payent beaucoup d’argent et de temps. Le problème se pose aussi bien chez l’étranger qu’au niveau national à cause de l’absence de vols directs sur Tanger. Par exemple moi, j’habite Agadir et à partir de Tanger, il me faut trois jours pour arriver chez moi parce que je dois faire Tanger Casablanca, je dors la nuit et après je fais Tanger-Agadir. Un trajet trop long et qui coûte 4000 DH, qui représente 10 fois le prix du billet pour aller à Paris. Tanger possède d’énormes avantages et des gens qui ont le courage, mais elle a cet important handicap que tous les professionnels soulignent. Ils ont beau faire appel aux touristes pour venir à Tanger mais ces derniers n’osent pas quand ils voient que le vol va leur bouffer 4 ou 6 jours de leurs vacances ou de leur déplacement. Donc on ne doit pas pleurer pour nos soucis. Il faudra désormais avoir de la force pour qu’on règle nos problèmes en premier lieu.

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