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Asilah – Inauguration de la Synagogue Kahal, du Mikvé, du hammam et du ferrane d-Lihoud 

Asilah – Inauguration de la Synagogue Kahal, du Mikvé, du hammam et du four (Ferrane d-Lihoud)Après l’inauguration d’ouverture de la synagogue Assayag à Tanger et de l’espace muséal Beit Yehuda, la synagogue historique Kahal, le Mikvé (bain rituel de purification), le hammam ainsi que le four d’Asilah se muent en de beaux édifices.

AsilahAprès plusieurs mois d’aménagements et de reprise de l’intérieur et de l’extérieur de ces édifices, les habitants de la ville ainsi que les touristes pourront découvrir, dès ce mois de septembre, de petits joyaux quasiment entièrement restaurés.

AsilahDans le cadre de l’extraordinaire initiative de Sa Majesté le Roi Mohammed VI ; Que Dieu le Préserve, de réhabiliter des nécropoles juives du Royaume, la Communauté juive de Tanger a initié de sérieux travaux de restauration de l’antique synagogue Kahal d’Asilah, du Mikvé et du four (ferrane d-Lihoud) qui étaient de véritables ruines.

Ces projets, lancés par le Souverain, s’inscrivent en droite ligne de la Vision éclairée de SM le Roi visant à préserver le patrimoine national dans toutes ses formes d’expression et de le protéger au bénéfice des générations futures, ainsi que dans le cadre des efforts déployés en vue de promouvoir le rayonnement du Maroc, pays, qui a été, de tout temps, un modèle de coexistence entre les civilisations et les cultures.AsilahRehaussée par une musique andalouse, la cérémonie de l’inauguration de ces quatre monuments et lieux historiques hébreux, a eu lieu en présence de M. Habib El Alami, Secrétaire général de la Wilaya de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, de Kamal El Hamoudi, secrétaire général auprès de la Wilaya, chargé de mission, du Pacha d’Asilah, ainsi que des autorités locales et des responsables de la ville d’Asilah.

RESTAURATION DE LA SYNAGOGUE KAHAL (1824)

Construite en 1824, cette petite synagogue d’une superficie de 181m2, située dans la Médina d’Asilah, plus précisément dans la célèbre rue commerçante “Al-Kharazin”, considérée comme l’une des rues les plus célèbres de la ville.

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Synagogue Kahal avant les travaux

La synagogue Kahal, est l’un des plus anciens édifices juifs du Maroc qui a subi d’importants dommages au cours des années passées, le toit et son escalier effondrés. Un projet de restauration a alors été lancé pour sauver le bâtiment. L’achèvement de ce projet, a pris 8 mois.

La communauté Israélite de Tanger, a mis en lumière ce sanctuaire exceptionnel, à la fois classique, iconique et contemporain. Ouvrage de référence, il retrace l’évolution et l’histoire de la synagogue Kahal, tout en examinant les styles régionaux, les matériaux et les savoir-faire qui lui ont donné naissance.

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La synagogue kahal a subi de grands travaux, comme l’isolation des toits, victimes de l’humidité. Un joli plafond avec charpentes apparentes en bois a été posé. Les couches de couleurs des murs ont également été traitées par des experts, comme les fissures éventuelles qui menaçaient la pérennité de l’édifice.

AsilahLa synagogue abrite un beau placard en bois où est déposée la Torah et d’autres textes religieux mis en valeur dans des cadres décorant les murs, rappelant l’existence juive dans la ville. Un soin particulier a été apporté à la décoration de la salle de prière. Le bâtiment accuse, dans son ensemble, une sobriété et une pureté des formes et des matériaux.  L’espace réservé aux femmes se trouve au niveau d’une mezzanine aménagée.

AsilahAsilahDans une allocution à cette occasion, Aaron Abikzer, le Vice-Président de la Communauté Juive de Tanger, a confirmé que ces bâtiments, qui complètement vétustes, ont été réhabilités dans le cadre d’un projet visant à préserver le patrimoine juif du nord en général, et d’Asilah en particulier, afin de le transmettre aux générations futures, soulignant l’intérêt particulier qu’accorde SM le Roi, au patrimoine culturel et cultuel de la communauté juive marocaine.

AsilahPour sa part, Mme Sonia Cohen Azaguri, chargée de la préservation du patrimoine juif à Tanger, a indiqué que les travaux de réhabilitation de ces bâtiments ont duré huit mois, notant que ce projet a été réalisé et financé par la communauté israélienne de Tanger, avec le soutien de la wilaya de Tanger-Tétouan-Al Hoceima.

Elle a ajouté que ce projet est d’une grande importance pour le nord en général, et la ville d’Asilah en particulier, notant que cette initiative vise à préserver le patrimoine culturel juif et à rendre son éclat au lieu de culte en vue du pèlerinage annuel des juifs qui habitaient la ville d’Asilah.

A noter que la synagogue n’est plus utilisée comme lieu de prière ; classée monument historique, elle est ouverte au public.

RESTAURATION DU MIKVE, DU HAMMAM ET DU FOUR (ferrane d-Lihoud)

Bien que ceci, comprend des réparations ponctuelles, la Communauté Israélite de Tanger s’est parallèlement focalisée sur la rénovation bâtiment du four, du hammam et du Mikvé, lieu de purification des fidèles. Ainsi, ces lieux de culte juifs seront conservés et mis en valeur pour recevoir les nombreux visiteurs. Mais aussi afin de refaire vivre la communauté juive d’Asilah par la mémoire de son patrimoine.

Les recherches archéologiques menées dans le nord du Maroc ont permis la découverte d’un mikvé (bain rituel), un hammam et un (four) ferrane juifs qui se trouvaient également dans la Médina d’Asilah envahis de déchets en tous genres.

La façade et les murs porteurs de l’édifice sont en briques pleines. L’entrée principale du bâtiment est marquée par un grand portail en pierres taillées entourant une porte en bois massif. Le vestibule d’entrée donne directement le four. Le Mikvé se situe dans une pièce aussi au rez-de-chausée, il est constitué de deux bassins carrés voutés, l’un à côté de l’autre. Un se remplissait à 100% d’eau du robinet et le second bassin, recueillait les eaux de pluie et s’ajoutait à l’ensemble pour compléter le rituel juif de purification. Quant au hammam, et la salle de repos, ils sont situés dans l’étage supérieur.

« Ce fut une grande surprise pour nous tous de trouver ce lieu magique – une découverte saisissante, un voyage à travers l’Histoire », a déclaré Mme Sonia Cohen Azagury la conservatrice du patrimoine juif à Tanger.

Dans ce contexte, ses Certificats de reconnaissance ont été remis aux participations de la réhabilitation de ces lieux historiques.

LA REABILITATION DE LA SYNAGOGUE KAHAL, MIKVÉ, HAMMAM

ET FERRAN D-LIHOUD

a été réalisé sous la présidence de :

M. Serge Berdugo, Président de la Communauté Israélite de Tanger

Mme Sonia Cohen Azagury, chargée du patrimoine

M. Aaron Abikzer Vice-Président de la CIT

Avec L’aide précieuse et la participation de :

M. Ahmed Tligui (conseiller décorateur)

M. Fouad Ammor (architecte)

M. Driss Charaf (entrepreneur)

M. Hicham Moussadek Hamdan (entrepreneur)

M. Lahcen (bureau d’étude)

M. Amram Anidjar (Forum d’Assilah)

Mme Alegria Benarroch Albo (Forum d’Assilah)

M. Abraham Sorero (Forum d’Assilah)

M. Messod Nahon (Forum d’Assilah)

Dahrouch Soumaya (Assistante)

 

QU’EST CE QU’UN MIKVE?
La veille du mariage, la mariée se rend au bain rituel ou mikveh, pour se purifier en vue de la cérémonie nuptiale. Elle est parfois accompagnée de quelques amies, de sa mère et sa belle-mère et d’autres femmes de sa famille. La mère prépare parfois à cette occasion un grand plateau de pâtisseries (beignets au miel, entre autres, qui sont signe de fertilité et de douceur).

Avant de s’immerger dans le bain rituel (une sorte de petite piscine individuelle), la jeune femme doit d’abord se doucher longuement et ôter tout objet de son corps qui pourrait entraver une purification totale; elle doit donc enlever tous ses bijoux (chaînes, bagues, boucles d’oreilles) et toute trace de maquillage ou de vernis à ongle ; elle doit se couper les ongles, se brosser les dents et laver et démêler ses cheveux.

Quand elle est prête, une femme qui travaille au bain rituel l’inspecte et lui demande si elle a bien compté les sept jours “purs” après ses règles. Elle la mène ensuite au bain et lui fait répéter une bénédiction pour l’immersion dans le Mikvé. C’est à ce moment que dans certains cas les femmes qui l’accompagnent participent au rituel en spectatrices. La femme chargée du rituel prononce alors des prières de bonheur et de fertilité pour la jeune mariée. Ici, ce sont à la fois les valeurs de la fertilité mais aussi les vertus de la pureté de la femme qui sont mises en avant comme signe de la féminité.

C’est aussi dans ce lieu que se rendra chaque mois, et ce jusqu’à la ménopause, toute femme juive pratiquante mariée, à la fin de la période d’impureté ou après un accouchement, avant d’avoir à nouveau des relations sexuelles avec son mari, relations prohibées durant toute la période précédant cette purification rituelle. Le mikveh symbolise donc le statut de femme mariée, sexuellement active, et c’est pourquoi les femmes divorcées ou les veuves ne sont pas tenues de s’y rendre.

Quand la jeune mariée se rhabille et rejoint ses proches, c’est le moment de déguster les sucreries et de venir l’embrasser et la féliciter, comme si ce premier rite de passage dans le processus du mariage lui donnait déjà le statut d’épouse.

Par ailleurs, le Mikvé est un lieu des plus importants pour toute communauté juive, car il permet la purification des personnes (hommes et femmes) et des ustensiles (en particulier pour cuisiner) mais détient également une fonction centrale dans la phase ultime de conversion au judaïsme.

A noter que certains hommes pratiquants s’immergent dans ce bain rituel la veille de Yom Kippour (le Jour du Grand Pardon) et avant le chabbat.

 

 

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