by

Le patrimoine d’Essaouira au cœur de sa remise à niveau

Le patrimoine d’Essaouira au cœur de sa remise à niveau

“Le caractère global, inclusif et séquentiel des grands chantiers de remise à niveau de la Médina d’Essaouira et de ses infrastructures autorisent toutes les ambitions pour la Cité des Alizés”, a déclaré, samedi, M. André Azoulay, Conseiller de SM le Roi et Président-Fondateur de l’Association Essaouira-Mogador.

S’exprimant lors de la journée de communication organisée autour du programme de réhabilitation et de mise en valeur de l’ancienne Médina d’Essaouira (2019-2023), M. Azoulay a souligné la cohérence de cet agenda et a salué la prise en compte et le respect scrupuleux du patrimoine urbanistique et architectural qui sont au cœur de l’identité et de l’histoire de la ville.

“C’est dans le miroir de son histoire et de ses acquis qui portent le sceau de son Fondateur, le Sultan Mohammed Ben Abdallah, qu’Essaouira trouvera pour demain et en concertation avec ses édiles et ses habitants le souffle qui signera sa réussite et son développement en devenir”, a souligné pour conclure le Conseiller de SM le Roi.

De son côté, le gouverneur de la province d’Essaouira, M. Adil El Maliki, s’est félicité du grand travail réalisé depuis la signature, le 22 octobre 2018 devant SM le Roi Mohammed VI, de la convention-cadre relative au programme complémentaire de réhabilitation et de mise en valeur de l’ancienne Médina, ajoutant que cette rencontre intervient à une phase importante et cruciale afin de faire le point sur les étapes franchies et de se projeter dans les trois prochaines années.

Rappelant que 82% des études du programme ont été réalisées et qu’un bon nombre de projets ont été entamés et dont les travaux avancent à un rythme soutenu, M. El Maliki a insisté sur la nécessité de redoubler d’efforts pour atteindre les objectifs escomptés de ce chantier Royal, à savoir refaire une Médina authentique et appropriée par ses habitants, et ériger son riche patrimoine culturel et historique unique en un moteur de développement durable de la ville et de la province.

Après avoir mis en relief l’importance de ce programme d’envergure et de ses finalités, le gouverneur a appelé tous les intervenants et parties prenantes à œuvrer ensemble pour faire aboutir ce projet, à garder toujours à l’esprit ses objectifs initiaux et à veiller au respect des choix architecturaux qui doivent obéir, in fine, à la préservation du cachet authentique de la Médina en respectant les matériaux de construction d’origine.

De son côté, le directeur de la société “Al Omrane” Marrakech-Safi, M. Mohamed Dardouri, a affirmé que l’établissement est fortement conscient de l’importance que revêtent la réhabilitation et la mise en valeur des anciennes médinas du Maroc, dont celle d’Essaouira.

Il a, dans ce sens, réaffirmé le ferme engagement pour la réhabilitation et la restauration de la Médina d’Essaouira dans le cadre de ce programme, tout en respectant les grands principes et l’ensemble des points communs déjà convenus, avec la qualité requise et la coordination avec l’ensemble des acteurs et des partenaires pour réussir toutes ces interventions.

Par la suite, l’assistance a suivi un exposé détaillé présenté par le Directeur de l’Agence “Al-Omrane” Chichaoua-Essaouira, Mohamed Amine Akhana, sur le programme complémentaire de réhabilitation et de mise en valeur de l’ancienne médina d’Essaouira 2019-2023, qui vise essentiellement la sauvegarde et la valorisation du patrimoine de la Médina, l’amélioration du cadre de vie de la population et le renforcement de son attractivité touristique.

Ce programme, d’une valeur globale estimée à 300 millions de DH (MDH), prévoit la réalisation de 27 projets se rapportant à quatre principaux axes : la réhabilitation de l’infrastructure urbaine et traitement des habitations menaçant ruine (8 projets, 110 MDH), la restauration et réhabilitation des monuments historiques (6 projets, 60 MDH), le renforcement des équipements sociaux et culturels (9 projets, 60 MDH) et le renforcement de l’attractivité économique et touristique (4 projets, 70 MDH), a-t-il précisé.

Abordant l’état d’avancement de la mise en oeuvre dudit programme, M. Akhana a relevé que 12 projets sont en cours de réalisation, 5 en phase d’étude, 5 au stade d’apurement du foncier, 3 en cours de lancement et un seul en cours d’adjudication.

Il a, dans le même sillage, indiqué que 6 réunions ont été tenues par le Comité régional de suivi du programme, présidé par la Wali de la Région Marrakech-Safi, 19 réunions par le Comité local de suivi, sous la présidence du gouverneur de la province, alors que les équipes de travail, présidées par les chefs des services provinciaux, ont tenu à ce jour plus de 150 réunions.

Pour sa part, le directeur de l’Agence Urbaine d’Essaouira, M. Mohamed Belbachir, a présenté un exposé exhaustif au cours duquel il a indiqué que la Médina d’Essaouira, inscrite au Patrimoine mondial de l’UNESCO en 2001, connaît, depuis 2015, la réalisation de grands programmes de requalification et de revalorisation, citant le projet urbain de requalification du quartier Mellah (2015-2018), le projet urbain de requalification de la Médina (2015-2018), et le programme complémentaire de réhabilitation et de mise en valeur de la Médina d’Essaouira (2019-2023) pour lequel une convention-cadre a été signée devant SM le Roi Mohammed VI en octobre 2018.

Ces interventions, a-t-il expliqué, ont notamment pour objectifs la restauration et la revalorisation des bâtisses à caractère historique, le renforcement des équipements de base et le renouvellement du réseau, la protection du cachet architectural de la Médina d’Essaouira et la valorisation de ses infrastructures, la requalification et la revalorisation du tissu ancien, l’intégration de la Médina dans les objectifs du développement visant la valorisation du patrimoine matériel et immatériel, l’intégration des équipements socioculturels, et l’appui de l’attractivité de la Médina comme destination touristique internationale.

M. Belbachir a aussi abordé le Plan d’Aménagement et de Sauvegarde de la Médina d’Essaouira, qui a pour objectif sa protection et sa mise en valeur sur le plan réglementaire et opérationnel, à travers notamment le repérage des éléments d’architecture existants à préserver, la définition des grandes options d’aménagement, la coordination des actions sectorielles, le contrôle et la gestion des interventions architecturales à l’intérieur de la Médina.

Il s’agit aussi de la restauration et de l’aménagement des accès et du réseau de voirie, de la restructuration et la restauration des réseaux d’infrastructures, de l’insertion des équipements socio-éducatifs, sanitaires et culturels, de la restauration des monuments historiques, de la réorganisation des activités économiques et de l’identification de projets d’importance stratégique visant le développement et la revitalisation de la Médina, a-t-il dit.

De son côté, Mme Mina El Mghari, professeur d’histoire, d’architecture et du patrimoine à l’Université Mohammed V de Rabat, a présenté un large aperçu historique et architectural sur la ville d’Essaouira-Mogador, une cité harmonieuse façonnée par une histoire exceptionnelle, riche d’une série d’additions de cultures, de civilisations et de convergences d’identités plurielles (amazighs, musulmans, judaïques, chrétiens, africains…).

Mme El Mghari a aussi mis l’accent sur les spécificités inhérentes au patrimoine bâti si singulier et authentique, les façons de bâtir de l’ancienne médina et sur son architecture marquée notamment, par une multitude de façades et d’arcades couvertes, dont chaque pierre raconte une partie du patrimoine millénaire de cette ville, portant en grande partie l’empreinte du Sultan Sidi Mohammed Ben Abdellah et représentant un creuset d’une belle histoire qui résonne au-delà des mers et des océans qu’il a fallu de tout temps protéger.

L’assistance a, par ailleurs, été conviée à suivre un documentaire-vidéo portant sur la Médina d’Essaouira après les interventions attendues sur fond de musique gnaouie.

Cette rencontre, à laquelle ont pris part notamment la directrice de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine et la réhabilitation des bâtiments menaçant ruine (ANRUR), Mme Zahra Sahi, les chefs des services extérieurs, les représentants des différents départements concernés par ce programme, des élus locaux et des acteurs de la société civile, a offert l’occasion de prendre connaissance de l’état d’avancement des études et des projets relatifs à ce programme d’envergure.

Dans ce sens, un débat a été ouvert entre les différents participants en vue d’échanger sur les meilleurs moyens et instruments à mettre en oeuvre afin de garantir à ce chantier toutes les conditions de réussite dans le cadre d’une approche participative, de dialogue et de concertation entre l’ensemble des parties prenantes.

Comment

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

News Feed