Printemps du Livre et des Arts – Excellente édition du plus bel événement culturel de Tanger

livre et des arts

Du 19 au 22 avril, Tanger avait rendez-vous avec le salon du Livre et des Arts, l’un des plus grands événements culturels annuel programmés dans toute la région.

L’inauguration de cette nouvelle édition du « Printemps du livre et des arts a eu lieu le jeudi 19 avril au Palais Moulay Hfid par le directeur de l’IFT, Jérôme Migayrou et Larbi Rmiki, président de l’ATRAC qui étaient accompagnés par le directeur de l’usine Renault Maroc, principal partenaire de cet événement. Outre l’acte inaugural, une réception a également été organisée au Consulat Général de France à l’honneur des participants et en présence de plusieurs opérateurs et intellectuels.

livre et des artsDurant quatre jours, c’était la fête au Palais des Institutions Italiennes mais aussi dans plusieurs galeries d’art contemporain, à la Cinémathèque, dans les écoles, les collèges, les lycées et à la Légation américaine de Tanger !

livre et des artsLe salon de cette année s’est basé sur la rencontre avec le monde, rencontre avec le corps, rencontre amoureuse, rencontre des économies… Durant 4 jours de festival artistique et littéraire, d’une table ronde à une lecture musicale, un spectacle ou un atelier, les regards et les propositions artistiques se sont ainsi croisés pour penser avec le public, jeune ou adulte, cette question de la rencontre, en tant qu’expérience de l’Autre et découverte de soi.

Parmi les grands moments de cette nouvelle édition, des tables rondes dont « La première rencontre – La naissance » qui a eu lieu le samedi 21 avril à 10h30 et a été animée par Claire Trichot, Ghizlane Benjelloun, Najat Maalla M’Jid & Sylvie Germain.

livre et des artsDes premières heures après sa naissance aux premières années de son développement, l’enfant est amené à se construire à travers une série de rencontres qui vont l’inscrire dans le monde et poser les premiers jalons d’une histoire individuelle, en perpétuelle construction. Rencontre avec le « Je », rencontre avec «l’Autre », rencontre avec le monde, rencontre avec le langage… sur ce chemin vont surgir les premières mises en récit de soi, dans son rapport au monde et à l’Autre, constitutives de son identité et de sa capacité à lier passé, présent et futur.

A la lumière de la sociologie, de la littérature mais aussi des témoignages de terrain et de la clinique, cette table ronde s’est interrogée sur les possibilités d’analyse et de mise en mots de l’enfance, entre parcours individuel et quête des origines.

livre et des artsLe même samedi en après midi, une seconde table ronde discutait le thème de « La sexualité – Au cœur de la rencontre intime », avec Abdelhak Serhane, Abdessamad Dialmy & Sanaa El Aji – Modération : Fedwa Misk. La relation amoureuse lie depuis toujours pour les Anciens la pulsion de plaisir (Eros) à la pulsion de mort (Thanatos), faisant du corps un territoire de jouissance autant que d’interdits.

De la rencontre avec son corps à la rencontre avec le corps de l’Autre, la réalité croise nécessairement les cadres de la représentation et des discours normatifs liés à la sexualité, entre ce qui se fait mais ne se dit pas, entre ce qui se dit mais ne se fait pas. Les chercheurs, universitaires et journalistes réunis autour de cette table ronde s’interrogeront sur les modes de pensée, de pratiques et de verbalisation de la sexualité, et leur inscription dans un cadre aussi bien individuel que collectif.

Le dimanche 22, les invités de l’IFT a  eu droit à une troisième table ronde sur « La/les langue(s) – Des territoires de rencontres ? » avec Fouad Laroui, Abdelfattah Kilito & Kaoutar Harchi.

Système organisé pour permettre la communication entre les individus, la langue est par définition ce qui me permet d’être relié à l’Autre. Pour autant, toute langue porte en elle son propre système de pensée ainsi que sa propre conception du monde, créant des frontières comme autant de ponts entre les individus. Reflet d’un héritage et d’une histoire, porteuse d’enjeux sociaux, culturels, économiques ou politiques, la langue est le lieu d’une identité, aussi bien individuelle que collective.

Des logiques de puissance peuvent ainsi se mettre en place et amener à des rapports de force qui interrogent sur les réalités linguistiques, les modes de représentations et d’appropriations qui leur sont associés.

A travers le prisme de la littérature, de la géopolitique, de l’histoire mais aussi de la sociologie, cette table ronde a donc tenté de répondre à cette question : la langue/les langues constitue(nt)-elle(s) véritablement des territoires de rencontres ?

Au niveau des spectacles, le printemps du livre et des arts a permis aux Tangérois d’assister à un récital de poésie en musique, samedi 21 avril à 18h00, avec Abdellatif Laâbi & Lola Malique au violoncelle, en plus d’une seconde rencontre musicale le dimanche 22 avril à 16h30 avec Marek Halter & la pianiste Nathalia Romanenko.

Il y a eu aussi le spectacle Wadah Wedoh Echams – Pièce en darija, programmée les vendredi 20 et samedi 21 à 19h30 au Théâtre Darna, sans oublier les grands concerts du vendredi et samedi soir animés notamment par le duo exceptionnel Mouslim et el Hadri.

Autre point très positif de cette édition réside dans le fait que le Palais des Institutions Italiennes ait regroupé les stands de différentes maisons d’éditions et de librairies de la ville, mais d’autres parties de la ville ont aussi abrité des nombreux événements de cette manifestation. Le salon s’est en effet étendu dans les écoles, les collèges, les lycées, tout comme à la Cinémathèque de Tanger où ont été projetés des films et documentaires marocains et français comme “Braguino” (2017) de Clément Cogitore.

Pour ce nouveau format, le salon a également  lancé la première édition de “Parcours des Arts de Tanger”, un circuit que les passionnés d’art ont suivi pour visiter toutes les galeries de la ville, qui ont mis en place 12 expositions sous le thème de La Rencontre. Les visiteurs y ont retrouvé les oeuvres abstraites de Nourredine Lahrech et de Mhamed Cherifi à la galerie Mohamed Drissi, les photographies d’architecture de Hicham Gardaf à la galerie Delacroix, les portraits anonymes de Jaimal Odera à la légation américaine, ou encore les peintures surprenantes de Abdelkader Melehi à la galerie Dar d’art.

Les galeries Photoloft, Mahal art space, Conil, Artingis, Ibn Khaldoun, Conil Volubilis, Medina Art et la librairie Les insolites ont exposé les oeuvres d’artistes du Maroc et d’ailleurs tout au long du Salon.

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