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Un couple d’Alpins confiné 80 jours dans un camping au Maroc

Un couple d’Alpins confiné 80 jours dans un camping au Maroc

C’est la “mésaventure” qui est arrivée à un couple bien connu de Gryséliens. À leur retraite, Didier et Marie Follin ont choisi de profiter de leur temps libre pour voyager. Ils sont donc partis le 3 janvier dernier pour explorer le Maroc en camping-car. Ils ont visité ainsi Agadir, les cascades d’Ouzoud, Marrakech… Ayant eu des échos inquiétants concernant la Covid-19, ils sont remontés vers le Nord du Maroc, et ils étaient à Kenitra, à 40 kilomètres de Rabat, quand ils ont appris que tout allait se fermer, au Maroc comme ailleurs. “Le 19 mars, nous sommes arrivés à Ceuta, prêts à prendre le bateau, raconte Didier. Mais le gouvernement espagnol a fermé ses frontières. Pendant trois jours, nous avons attendu des nouvelles sous la pluie. Le 3e jour, la police nous a fait évacuer. Nous avons eu alors le choix – il ne fut proposé qu’aux seuls Européens- pour regagner un camping : soit aller au port de Tanger Med, soit nous rendre dans la petite cité balnéaire de Martil. Nous avons choisi Martil. Oui, nous étions au bord de la mer… Mais sans avoir accès à la plage !”

Didier et Marie vont passer là 80 jours. La mairie leur fournit deux masques à chacun et ils ont le droit de sortir (avec une autorisation signée) pour se ravitailler. “Au camping, nous étions 50 personnes avec nos 26 camping-cars, tous Français : certains venaient de Bretagne, de Normandie, du Midi, ou de la région parisienne… On pouvait se voir entre nous, mais personne ne rentrait dans le camping“. Comment ont-ils passé le temps ? “Le matin, on faisait l’entretien et le ménage du camping-car, puis les courses. L’après-midi, on tuait le temps comme on pouvait. On jouait aux boules…

Il y a pire comme confinement, sans doute. Mais Didier et Marie souffraient cruellement de demeurer sans nouvelles. “Nous avons tenté de nous adresser à l’ambassade de France, en vain. Au consulat, ils nous ont répondu qu’ils n’avaient pas d’informations. On ne savait pas du tout ce qui allait se passer !” Finalement, l’Espagne rouvre ses portes le 7 juin. Le 11, Didier et Marie prennent le ferry, avec leur camping-car de 8 mètres. On leur avait bien proposé de le laisser au Maroc, mais ça, il n’en était pas question ! En plus, alors qu’ils avaient déjà payé leur voyage de retour, on leur a fait régler… Six fois le prix d’une traversée normale. Enfin, après avoir traversé l’Espagne, c’est le retour en France.

Tout est bien qui finit bien ? Presque. Didier et Marie assurent n’avoir “aucun reproche à formuler vis-à-vis du Maroc” : on est venu désinfecter leur camping-car, dans les pharmacies, ils étaient servis comme les locaux, etc. En revanche, ils se sont sentis abandonnés par la France : “Oui. Un peu, beaucoup. Il n’y a que Julien Courbet qui ait pensé à nous. Il faisait chaque matin une émission d’un quart d’heure à l’intention des camping-caristes bloqués au Maroc. Il était le seul à poser la question qui nous obsédait tous : quand pourrions-nous rentrer en France ? Et nous tenons à l’en remercier”.

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